Engagement …

Je hais les indifférents, par Antonio Gramsci.

Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel (*) que « vivre signifie être partisans ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents.

L’indifférence est le poids mort de l’histoire. C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers, parce qu’elle engloutit dans ses remous limoneux les assaillants, les décime et les décourage et quelquefois les fait renoncer à l’entreprise héroïque.

L’indifférence œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre. Elle est la fatalité; elle est ce sur quoi on ne peut pas compter; elle est ce qui bouleverse les programmes, ce qui renverse les plans les mieux établis; elle est la matière brute, rebelle à l’intelligence qu’elle étouffe.

Ce qui se produit, le mal qui s’abat sur tous, le possible bien qu’un acte héroïque (de valeur universelle) peut faire naître, n’est pas tant dû à l’initiative de quelques uns qui œuvrent, qu’à l’indifférence, l’absentéisme de beaucoup. Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques uns veulent que cela se produise, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser.

La fatalité qui semble dominer l’histoire n’est pas autre chose justement que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des faits mûrissent dans l’ombre, quelques mains, qu’aucun contrôle ne surveille, tissent la toile de la vie collective, et la masse ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Les destins d’une époque sont manipulés selon des visions étriquées, des buts immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petits groupes actifs, et la masse des hommes ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Mais les faits qui ont mûri débouchent sur quelque chose ; mais la toile tissée dans l’ombre arrive à son accomplissement: et alors  il semble que ce soit la fatalité qui emporte tous et tout sur son passage, il semble que l’histoire ne soit rien d’autre qu’un énorme phénomène naturel, une éruption, un tremblement de terre dont nous tous serions les victimes, celui qui l’a voulu et celui qui ne l’a pas voulu, celui qui savait et celui qui ne le savait pas, qui avait agi et celui qui était indifférent. Et ce dernier se met en colère, il voudrait se soustraire aux conséquences, il voudrait qu’il apparaisse clairement qu’il n’a pas voulu lui, qu’il n’est pas responsable.

Certains pleurnichent pitoyablement, d’autres jurent avec obscénité, mais personne ou presque ne se demande: et si j’avais fait moi aussi mon devoir, si j’avais essayé de faire valoir ma volonté, mon conseil, serait-il arrivé ce qui est arrivé ? Mais personne ou presque ne se sent coupable de son indifférence, de son scepticisme, de ne pas avoir donné ses bras et son activité à ces groupes de citoyens qui, précisément pour éviter un tel mal, combattaient, et se proposaient de procurer un tel bien.

La plupart d’entre eux, au contraire, devant les faits accomplis, préfèrent parler d’idéaux qui s’effondrent, de programmes qui s’écroulent définitivement et autres plaisanteries du même genre. Ils recommencent ainsi à s’absenter de toute responsabilité. Non bien sûr qu’ils ne voient pas clairement les choses, et qu’ils ne soient pas quelquefois capables de présenter de très belles solutions aux problèmes les plus urgents, y compris ceux qui requièrent une vaste préparation et du temps. Mais pour être très belles, ces solutions demeurent tout aussi infécondes, et cette contribution à la vie collective n’est animée d’aucune lueur morale; il est le produit d’une curiosité intellectuelle, non d’un sens aigu d’une responsabilité historique qui veut l’activité de tous dans la vie, qui n’admet aucune forme d’agnosticisme et aucune forme d’indifférence.

Je hais les indifférents aussi parce que leurs pleurnicheries d’éternels innocents me fatiguent. Je demande à chacun d’eux de rendre compte de la façon dont il a rempli le devoir que la vie lui a donné et lui donne chaque jour, de ce qu’il a fait et spécialement de ce qu’il n’a pas fait. Et je sens que je peux être inexorable, que je n’ai pas à gaspiller ma pitié, que je n’ai pas à partager mes larmes. Je suis partisan, je vis, je sens dans les consciences viriles de mon bord battre déjà l’activité de la cité future que mon bord est en train de construire.

Et en elle la chaîne sociale ne pèse pas sur quelques uns, en elle chaque chose qui se produit n’est pas due au hasard, à la fatalité, mais elle est l’œuvre intelligente des citoyens. Il n’y a en elle personne pour rester à la fenêtre à regarder alors que quelques uns se sacrifient, disparaissent dans le sacrifice; et celui qui reste à la fenêtre, à guetter, veut profiter du peu de bien que procure l’activité de peu de gens et passe sa déception en s’en prenant à celui qui s’est sacrifié, à celui qui a disparu parce qu’il n’a pas réussi ce qu’il s’était donné pour but.

Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents.

Antonio Gramsci, 11 février 1917

(*) Poète et dramaturge Allemand (1813-1863)

Triomphe …

Le neveu de la famille Christo vient d’empaqueter l’Arc de Triomphe,  la guerre devient ainsi un cadeau.
Les bourgeois de tout poil viennent jouir de ce spectacle et pour les plus vieux pisser dans leur couche sans savoir exactement pourquoi. Mais bon, il faut y être sinon de quoi pourrait-on discuter au prochain cocktail en lançant des in et des bath !
Je préférerais que ce monument soit recouvert de préservatifs : le concept en serait faîtes l’amour pas la guerre. Des modèles parfumés rempliraient l’air du quartier d’effluves de fruit remplaçant avantageusement celles des parfums de luxe et des fumées écœurantes des cigares cubains.
Oui cela me plairait …

Homine Superior . . .

Le 30 Mars 2021 le ministre de l’éducation nationale à une révélation : le Président Macron est un être divin. Il se confie alors à la presse : « “Le président a acquis une vraie expertise sur les sujets sanitaires. Ce n’est pas un sujet inaccessible pour une intelligence comme la sienne et au regard du temps important qu’il y consacre depuis plusieurs mois”.

Oui, malgré son emploi du temps très chargé passé à résoudre les problèmes de la planète par une réduction significative des problèmes cardiaques en déclenchant l’hilarité générale connu pour réduire les tensions artérielles, le Président Macron est devenu en un an un épidémiologiste internationalement reconnu. Make our planet great again !

Rapidement les membres éclairés de son entourage écrivent « Le grand livre de M ». Ce livre, désormais disponible gratuitement dans toutes les bonnes mairies, recensent les paroles de l’être divin donnant à tous la voie à suivre menant au bonheur.

Pour montrer une fois de plus son souci permanent pour la démocratie, il a permis au plébéien, à la France profonde de répondre à ces mantras. Vous verrez alors dans ses réponses infantiles combien notre peuple a besoin d’être éduqué.

Voici la déchirante vérité :

M 1:4  : je traverse la rue, je vous trouve du travail
A force de traverser les rues, SDF je suis devenu !

M 7:8  : je serais d’une détermination absolue et je ne céderais rien
Mais où ai-je mis mon bouquin sur Pétain …

– M 12:10 : On ne résout pas une crise comme celle-ci en augmentant les impôts
Ben oui, ça bouche les gouttières et empêche le ruissellement

M 2:6 : La politique sociale, regardez : on met un pognon de dingue dans des minimas sociaux, les gens sont quand même pauvre
C’est sur qu’en supprimant les minimas sociaux il n’y aura plus de pauvres !

M18:5 : Nous ne sommes pas isolés du monde. Le monde frappe à notre porte
Faut appeler le serrurier, la porte est coincée !

-M 3:8 : J’ai fait ce que j’avais dit que je ferais
C’est pas du Proust !

– M 6:5 : La tranche d’impôts de Hollande à 75 % ? C’est Cuba sans le soleil !
A la baie des cochons tu débarqueras !

– M 4:11 : Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants
Faut avouer que vu les écarts de salaire …

– M 14:4 : Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margareth Thatcher
Y’a pas de gonzesse hooligan
Imbécile et meurtrière
Y’en a pas, même en Grande-Bretagne
A part, bien sûr, Madame Thatcher (*)

M 13:6 : Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires c’est une nécessité
Par contre, aux patrons de stocks options tu gaveras !

Je finirais par une phrase d’Eclectiqueman :”Les laudateurs, les cons et les couillons sont trois énergumènes qui font la force des Tyrans !

(Au fait, paraît qu’entre deux réunions il étudie l’informatique quantique …)

(*) Miss Maggie (Renaud)

Femmes …

Paroles de «L’hymne des femmes», chanson créée collectivement en mars 1971 par des militantes féministes à Paris. Elle est devenue un emblème du Mouvement de libération des femmes (MLF) et plus généralement des luttes féministes francophones. Les paroles sont interprétées sur l’air du Chant des marais.

Nous qui sommes sans passé, les femmes
Nous qui n’avons pas d’histoire
Depuis la nuit des temps, les femmes
Nous sommes le continent noir.

Refrain :
Levons-nous femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !

Asservies, humiliées, les femmes
Achetées, vendues, violées
Dans toutes les maisons, les femmes
Hors du monde reléguées.

Seules dans notre malheur, les femmes
L’une de l’autre ignorée
Ils nous ont divisées, les femmes
Et de nos soeurs séparées.

Le temps de la colère, les femmes
Notre temps, est arrivé
Connaissons notre force, les femmes
Découvrons-nous des milliers !

Reconnaissons-nous, les femmes
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble, on nous opprime, les femmes
Ensemble, Révoltons-nous !

Dernier refrain :
Levons-nous femmes esclaves
Et jouissons sans entraves
Debout, debout, debout !

Vœux …

Voilà on est en 2021.

Alors meilleurs vœux à tous …

Ben non, pas pour les patrons du CAC 40 ni leurs sbires et encore moins pour les adorateurs de Jupp 1er , les premiers de cordée qui lèchent les pieds de sa majesté entre deux rails de coke.

Les fachos je t’en parle même pas : je leur souhaite le pire pour 2021 : surtout ceux qui ont une croix gammée sur la fesse gauche ( c’est fourni avec l’ablation du cerveau) .

Par contre, je plains les chômeurs et les retraités : ils vont s’en prendre plein la gueule cette année.

En même temps quand je vois les inscrits à Pole emploi avec leur rolex au poignet, qui plus est propriétaire de leur appartement et avec un compte en banque et un livret A, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond.

Non un chômeur doit prouver qu’il pointe au restos du cœur, qu’il vit dans un HLM miteux et qu’il est interdit bancaire.

Pour les retraités, il y a pas photo, ils sont un boulet pour la société. A force de s’engraisser, le système de retraite est déficitaire.

Vous me direz, on pourrait taxer les grandes fortunes. Et non vous n’avez rien compris. Les riches ont de l’argent qui ruisselle,  qui inonde le pays de bienfaits alors que les chômeurs et les retraités il faut les pressurer pour obtenir quelques gouttes.

Si tu trembles d’indignation à chaque injustice, alors tu es mon camarade » (Che Guevara).

Alors camarades en cette nouvelle année, unissons nous, levons nous et réclamons justice !

 

Amour …

Pourquoi ne pas créer une journée mondiale de l’amour et l’amour pour tous en être le slogan ?

Nous pourrions, femme ou homme, homosexuel(le) ou hétérosexuel(le), au zonzon ou au soleil et quelque soit notre couleur de peau nous unir dans un raz de marée du cœur, un grand rituel païen et décomplexé.

Nous laisserions ceux qui se polissent le phallus en lisant des textes religieux, mein kampf ou leur chiffre d’affaires aller prêcher l’interdit avec leur livre de loi encore collant de sperme. Nous les laisserions derrière notre cortège, hurler, baver de rage et promettre l’enfer et les camps  !

Contrairement à eux,  je plaide pour l’amour qui ne fait pas de différence parmi nos visages rayonnant de joie, celui qui est plus fort que toutes les réprobations sociales.

J’adore cette idée, et vous ?

Dictionnaire …

L’autre jour, j’ai entendu un homme politique (la parité, c’est pas gagné!) parler d’Islamo-gauchisme !

Je me suis dit que l’affaire devait être grave mais ne connaissant pas ce terme je me saisis de mon dictionnaire. Je suis vieux jeu avec mon Larousse mais j’aime bien le bruit des pages que l’on tournent, le craquement du papier … Mais je m’égare.

Je parcours donc mon encyclopédie : chemise brune, dictateur … enfin la lettre I, voyons imbécile, irrécupérable et paf le roquet de ma voisine qui se met à aboyer coupant mes recherches. Un jour je lui botterais les fesses à ce teigneux ! Bon, ne nous laissons pas distraire. Alors islam, islamophobe mais pas d’islamo-gauchisme !

Mouais, on devrait bannir la consommation de champignons hallucinogènes dans ce gouvernement …

Cauchemar …

La covid 19 est là.

Il a envahi notre terre, notre nation sans déclaration préalable. Mais l’exécutif de notre patrie est là et se dressant comme un seul homme (5ème république oblige), déclare la guerre à ce sournois virus.

L’ennemi est parmi nous, sonnons le tocsin, organisons la mobilisation générale. Un couvre-feu est instauré et désormais un ausweis est obligatoire pour circuler. On pense déjà aux cartes de rationnement pour affamer le virus.

Les journalistes, désormais affublé d’un  gilet pare balle et d’un casque, nous commentent la progression des combats en chantant la Marseillaise.

Le conseil de défense organise la riposte. Notre aviation est prête à traiter au napalm les clusters. les chars prennent position sur les axes routiers principaux,  les soldats sont déployés et … et je me réveille en sueur.

Maudit cauchemar, tellement réaliste que j’ai encore du mal à reprendre ma respiration et mon coeur bat la chamade.

Je décide de mettre la radio pour apaiser mon esprit …

Media bashing …

Ce matin j’ai écouté le “08h30 de France Info” (*). L’invité était le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

Les journalistes posent les questions de fond :

“Un enfant qui a le nez qui coule est ce qu’on l’envoi à l’école ? Qu’est ce que vous préconisez à l’éducation nationale”  mais aussi “Votre crainte, Jean-Michel Blanquer ce n’est pas que les parents mentent ou évitent de dire la vérité pour envoyer quand même les enfants à l’école ? Ou ‘oublient’ de prendre leur température ?”

Ouais, je savais bien que le voisin avec ses deux enfants cachait quelque chose. Heureusement qu’en France on a des journalistes d’investigation pour faire éclater la vérité.

Au fait, le plat cuisiné je le mets avant ou après avoir mis en route le micro-onde ? J’ai pas trouver de mode opératoire sur le site de l’éducation nationale …

(*) Emission du 25 Septembre 2020

Devinette …

J’ai une tête de mastiff anglais et comme lui j’aboie au lieu de parler (encore que pour le chien cela soit plutôt normal).

Je n’aime pas les chiites, je suis antiféministe même si j’aime porter la robe.

Je n’aime pas les écologistes et je suis un liberticide.

Par contre j’aime la sigillographie et la cire mais attention pas celle des abeilles, on ne peut pas les tirer à la chevrotine ni leurs couper les oreilles et la queue !

Qui suis-je ?

Rodin …

Nous vivons dans un brouillard blafard à l’air vicié d’où émergent et disparaissent en permanence des idées préfabriquées et des slogans tapageurs. Ils remplissent les esprits, délibérément laisser vide, de la multitude de Ponce Pilate qui depuis longtemps regardent sans voir, écoutent sans entendre et parlent pour ne rien dire.

La pensée se meurt et entraîne dans son trépas la liberté.

Symbiote …

L’art doit être accessible à tous.

Il faut dynamiter le pont qui existe entre l’art et l’argent, entre l’art et l’élitisme.

Mieux vaut mille artistes qui s’expriment plutôt qu’un qui impose sa vision souvent bourgeoise, à la mode, et accompagnée de petits fours.

Une œuvre d’art doit vous parler avec ce que lui a insufflé son auteur, auteur qui souvent laisse son crayon, son pinceau, ses mains libres de toutes contraintes. Parce qu’une œuvre est inspirée par le chaos. C ‘est une digue qui se rompt, un flot d’émotions qui jaillit et façonne l’objet.

Et vous ?

Vous posez un regard bienveillant sur toutes ses créations et tout d’un coup le déclic. Voici celle qui résume les sentiments, les émotions que vous n’arrivez pas à exprimer par des mots. Mais vous la caressez par l’esprit, lui ouvrez votre cœur et la magie s’opère.

Il n’est pas question de prix ou de mode ici mais un sentiment fusionnel, de l’amour pour une œuvre qui déjà n’en est plus une. Elle est devenue une part de vous même, un symbiote …

Désobéissance …

La  désobéissance civile n’est pas un problème. Le problème c’est l’obéissance civile. Notre problème ce sont les gens du monde entier qui obéissent aux dictats imposés par leurs gouvernements et qui ont donc soutenu des guerres; des millions périrent à cause de cette obéissance …
Notre problème c’est l’obéissance des gens du monde entier qui voient pourtant la pauvreté, la famine, la stupidité et la cruauté.
Notre problème c’est que les gens sont obéissants alors que les prisons sont remplies de petits voleurs, et que de grands délinquants dirigent leurs pays. C’est cela notre problème.
Howard Zinn
Historien, militant pour les droits de la personne humaine

Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement.

Albert Einstein
Mathématicien, physicien

Nous chantons sans peur …

Claude Poitras

Hier, je suis tombée sur cette chanson qui m’a beaucoup touchée. Je vous ai traduit les paroles que j’ai intégré à la vidéo. Cela parle de la violence faite aux femmes mais dans une perspective d’unité entre nous. Cela vient du Mexique et la chanson s’appelle : Nous chantons sans peur, de Vivir Quintana. J’espère que vous aimerez en ces temps où la solidarité est importante.

Ma croix …

Mon corps est percé par des clous.

Ils n’ont pas tous la même forme, clous pointe cassée, clous à béton, clous torsadés, clous à crochet … Différents suivant le goût de ceux qui les ont enfoncé à grand coup de marteau. La chair s’est cicatrisée autour de certains mais pour d’autres le sang coule encore. Ils sont tous là, plantés au hasard, ceux du passé couvert de rouille, ceux d’aujourd’hui qui brillent sous la lumière. Et …

Et, j’attends celle qui viendra à moi avec des tenailles dans les mains …

Colbert …

J’avoue ne pas comprendre les tags des statues de Colbert à Paris, de Jacques Cœur à Bourges ou encore de Faidherbe à Lille.

Que ces hommes contribuèrent à leur époque à l’esclavagisme et au colonialisme, oui !

Mais doit-on pour cela montrer du doigt les enfants de la révolution française. Doivent-ils encore porter sur leurs épaules la charge des erreurs de leurs ancêtres ? Doit-on ajouter du racisme au racisme ? Doit-on opposer Montaigne ou Albert Camus à Martin Luther King ou Nelson Mandela ?

Arrêtons ce combat d’arrière garde dangereux et diviseur. Ne soyons pas prisonnier de notre haine qui nous enferme derrière les barreaux des préjugés et de l’étroitesse d’esprit.

« Penser avec le cerveau, pas avec le sang » (Nelson Mandela).

Post-scriptum : Au fait, en République Centre Africaine, la statue de bronze à l’effigie de l’empereur Bokassa garde toujours son tombeau …

Critique …

J’ai supprimé l’obligation de laisser son adresse électronique pour poster un commentaire. C’est désormais facultatif ! Un nom ou un pseudo est quand même fortement recommandé ! Je ne publierai pas les commentaires non identifiés.

Je compte sur vous malgré tout pour assumer vos critiques et si possible engager une discussion plutôt que de jeter l’opprobre ou de crier à l’apostat.

La critique constructive est un levier de progrès ….

Machette …

L’autre jour en parcourant le site alibaba.com, je suis tombé par hasard sur une page proposant des machettes.

La grande majorité sont à destination de l’Afrique avec un choix très large d’outils de différentes qualités et à usage divers.

Machette en acier , en carbone, panga ,de 16, 18 ou 22 pouces, pour couper maïs, canne à sucre, bush, branchage, mains, têtes, membres, avec des manches en plastique, en bois, en caoutchouc. Les prix dépassent rarement 1 dollar US l’unité mais seulement si vous en acheter par lots de 1200 ou plus suivant les vendeurs.

Certaines sont même étudiés pour des zones précises, Afrique de l’ouest, du sud !

De temps en temps à la radio, j’entends parler de massacres perpétrés à coups de machette. Faut avouer que c’est un outil très versatile. Utile aussi bien dans le domaine agricole que pour calmer un voisin dont les chiens vous cassent les oreilles.

Utilisée comme arme de guerre, c’est un outil présentant de nombreux avantages qui rendent jaloux nos généraux. En effet vous pouvez pratiquer des frappes ciblées, chirurgicales , sans victime collatérale, sans destruction d’infrastructure et pour un prix minime.

Vous découpez, vous enterrez, vous plantez un arbre dessus et même les écolos applaudissent !

Quand on pense que certains dépensent des millions de dollars pour balancer des missiles sur le Waziristan à partir de drones de combat qui nécessitent non seulement une grosse logistique, satellites, joystick, fauteuil en cuir, mais aussi le traitement à postériori des PTSD (trouble de stress post-traumatique) de leurs pilotes.

Quel gâchis ! En plus ces bombes tuent indifféremment « terroristes », femmes, enfants hooah !

Même en Europe vous trouvez des machettes en vente. Mais là, vue les prix, c’est plutôt pour un cadeau d’anniversaire !

Allez je retourne sur alibaba …

Atterrissage …

Je plane.

Je n’ai pas pris de drogue psychédélique, juré ! Croix de bois, fil de fer barbelé.

Non, je lis le numéro 31 de la revue HEY !(1) en écoutant l’album Quark, Strangeness and Charm.(2)

Quel moment exaltant ! La créativité et l’imagination des artistes balaient la grisaille. Je vole de nuage en nuage dans le ciel bleu azur. Le soleil réchauffe mon corps et une brise iodée caresse ma peau …

Et puis la dernière page, le dernier son, l’atterrissage brutal !

Je tombe sur un immense parquet de bois. Autour de moi des milliers de boîtes délavés et vermoulues s’empilent formant de grandes tours dont les sommets se perdent dans le ciel blafard.

Soudain le son d’un polyphon fait vibrer l’air quelques instants, puis le silence. Des portes s’ouvrent en grinçant. De chacune des boîtes sort une marionnette.

Le ciel se rempli de pantin de bois qui tombent des étages supérieurs. Leurs fils s’emmêlent, bras et jambes s’agitent dans l’air saturé d’odeur de résine. Au sol, elles s’entassent et s’empilent dans un désordre total. Mais voilà qu’une partie d’entre elles se relèvent et brinquebalent dans la même direction, vers un tchou-tchou à vapeur qui les emmènera dans ces usines au loin dont les gigantesques cheminées crachent une fumée noire.

Des camions aux grandes roues en chêne apparaissent et ramassent les pantins cassés dont certains bougent encore. Ils serviront à alimenter le feu sous la grande marmite qui produit la vapeur indispensable au fonctionnement des tronçonneuses, des scies et des riveteuses qui participeront à la fabrication de la nouvelle génération de poupées .

Le calme revient et je décide de visiter la ville.

Je marche sur un parquet en pin massif astiqué en permanence par des cireuses et des lustreuses géantes qui dégagent une odeur de white spirit entêtante. En fuyant ces émanations écœurantes, je débouche sur une esplanade où trône une immense statue de teck. Elle n’a pas de volume, c’est une énorme planche enfoncée dans le sol. Elle représente une poupée, les bras en croix, les paumes tournées vers le bas et à chacun de ses doigts pendent des cordes de différentes longueurs. Son regard fixe le sol ou quelques polichinelles à genou récitent la prière du grand marionnettiste.

Je retourne à grand pas vers mon lieu de départ quand un orgue se met à rugir des notes discordantes.

Le tchou-tchou réapparaît et libère des milliers de pantomimes de retour du travail. Avant de rejoindre leur boîte, certains d’entre eux vont dans un grand entrepôt récupérer chiffon en bambou et cires pour nettoyer leur corps débile où apparait quelques tâches et rayures. D’autres discutent devant les tours. Ils parlent du temps qui risque de tourner à la pluie, ennemi suprême qui gonfle le bois et écaille les peintures. Un grondement s’élève, l’équipe de bilboquet de Grandrabot a battu trois à zéro celle de Racinetordue. La rumeur se répand, c’est encore SIPO qui est à l’origine de la victoire. On parle même dans les milieux autorisés de le recouvrir d’une feuille d’or afin de le rendre imputrescible, la distinction suprême !

Je n’entends plus que le bruit de fond de leurs babillages alors que mes yeux fixent une marionnette décati aux fils usés qui traîne au bout d’une corde un chien à roulette. Ce dernier dépose de temps à temps sur le trottoir d’ambre rutilant une petite cheville de bois ou un peu de sciure.

L’odeur et les caquetages ridicules me donnent la migraine puis un haut le cœur et je vomis sur un guignol qui me crie : c’était mieux avant !

Oui avant que le grand marionnettiste ne crée Pulcinella et Scaramuccia dont les enfants engendrèrent ce théâtre démentiel !

(1) Magazine Modern Art & Pop Culture. Saison 1 disponible sur https://www.ankama.com/fr et saison 2 sur https://www.heyheyhey.fr/fr/ 
(2) Quark, Strangeness And Chram album du groupe Hawkwind (1977) 

Radio …

J’allume la radio et cela tous les jours depuis janvier 2017.
Pas pour écouter le dernier tube à la mode ou un journaliste parler de son nombril mais pour vérifier que le « dangerous clown » de l’autre côté de l’atlantique n’a pas déclenché une guerre nucléaire.
Donc j’écoute le matin, en prenant ma douche, les dernières nouvelles du monde sur une radio d’information du service public et souvent mes ablutions matinales correspondent au créneau horaire d’une émission ou deux journalistes interrogent une « personnalité », le plus souvent un homme politique.
Soyons clair, l’invité ne sera jamais chahuté ou contredit. Les chroniqueurs posent des questions souffrant d’une inquiétante anorexie intellectuelle et sont dépourvus d’esprit critique, remisé au fond de leur cerveau sous une épaisse couche de poussière.
Non ce genre d’émission ne sert qu’à l’invité, libre de débiter sans contradiction son discours souvent lénifiant et partial.
Alors me dites-vous pourquoi utiliser tant de journalistes pour un si piètre résultat ? Après mûres réflexions la seule réponse logique qui me vient à l’esprit est que l’invité à deux chaussures à cirer !

Je broie du noir …

J’essaie de ne pas sombrer complètement dans ma vision pessimiste du XXIe siècle.
La fin de l’humanité semble s’annoncer, humanité sacrifiée sur l’autel d’un capitalisme forcené où production et consommation de masse dévorent la planète et font exploser les inégalités sociales au profit d’une minorité sans âme assoiffée de pouvoir et d’argent.
Mais comment éviter que les milieux d’affaires et leurs serviteurs politiques ne suppriment de notre langage des mots comme liberté, justice, tolérance, solidarité, créativité … et ne colonisent notre imaginaire en uniformisant nos modes de pensées.
Et surtout comment stopper aujourd’hui le retour au pouvoir de ces monstres qui semèrent le chaos et la destruction dans la première partie du XXe siècle et dont le quotidien s’appuie sur le rejet de l’humanisme, des libertés individuelles et sur des thèses racistes et xénophobes.
Peut-être qu’un autre paradigme est encore possible et je l’espère pour mon enfant.
En attendant je broie du noir …

Confettis …

 

L’élite est entrée sans prévenir (1), aristocratie financière avide de pouvoir. Son seul slogan : à partir d’un certain chiffretout s’achète, tout se vend (2).
Elle sème la misère en marchant sur les autres (3).
Elle dirige d’une main de fer sa police, milice prête à tirer (4)  qui pour des idées … te colle au placard (5).
Son discours est invariable : promettre l’espoir, donner la soumission (6). Elle veut pouvoir posséder, décider du bien du mal (7).
Sous sa domination on t’apprend liberté en t’éduquant à coups de schlague (8).
Ton salaire est le salaire de la peur  (9). Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale (10).

Des rivières amères coulent, rien ne les arrête (11).

Alors redresse-toi et bouge, défends-toi (12).
N’oublie jamais que le courage grandit en osant , la peur en hésitant (12).
Montre que tu es en vie, serre les poings (13).
Debout les libertaires , ni dieu ni maître(14) !
Le vent se lève, tas de viande avariée vous allez payer (15) !

Extraits des chansons du groupe TRUST utilisés dans cet article :

(1) L’élite album TRUST
(2) Ça vient, ça meurt album EUROPE ET HAINES
(3) Dans le même sang album DANS LE MÊME SANG
(4) Police-milice album TRUST

(5) H&D album TRUST
(6) Question d’éthique album NI DIEU NI MAÎTRE
(7) On lèche, on lâche, on lynche album EUROPE ET HAINES
(8) Dialogue de sourds album TRUST
(9) Bosser huit heures album TRUST
10) Antisocial album RÉPRESSION
(11) Sors tes griffes album RÉPRESSION
(12) Elle disait album EUROPE ET HAINES
(13) Serre les poings album ROCK’N’ROLL
(14) Ni dieu ni maître album DANS LE MÊME SANG
(15) Préfabriqués album TRUST

Tyrannie …

J’ai travaillé de nombreuses années dans une entreprise et ceci avant et après sa cotation au CAC 40.
Une entreprise qui s’est totalement transformée avec son entrée en bourse, devenant à marches forcées une tyrannie privée au service de ses actionnaires.
Les changements sont rudes et très rapidement on apprend qu’un salarié est un coût, une variable d’ajustement. Les êtres humains disparaissent et deviennent des moyens utilisés.
La pression est permanente, on vous rappelle continuellement que nul n’est irremplaçable, que le poste de travail ne vous appartient pas.
Vous devez être flexible, accepter les décisions sans concertation, vous plier aux changements organisationnels à répétition, apprendre à vivre dans les cartons à cause des déménagements incessants.
Un climat de peur et d’anxiété s’installe.
L’esprit d’équipe disparaît. Vous êtes en concurrence avec les autres salariés et le contrôle de vos faits et gestes devient la règle.
On vous évalue deux fois par an avec un bonus à la clé suivant vos résultats : la part variable dans le jargon des ressources humaines. On profite de ce « moment privilégié » pour faire le point sur votre zèle à suivre aveuglement les desiderata de votre hiérarchie et pour vous fixer des objectifs qui peuvent s’avérer paradoxaux, voire irréalisables (plus de résultats avec moins de moyens par exemple). Le management s’effectue par les chiffres, les procédures et les contrôles : « Command and control » !
La page d’accueil de l’intranet d’entreprise donne le ton. On y trouve le cours de l’action et les mantras du PDG vous savez celui qui gagne un salaire à 7 chiffres, auquel s’ajoute des stocks-options et une retraite chapeau. Et toujours la même rengaine : diminution des coûts, augmentation de la rentabilité …
Et puis un jour on vous annonce que votre activité va être sous-traitée à une entreprise proposant les mêmes services à prix cassés. Comment fait-elle ? Elle sous-traite elle-même tout ou partie du contrat à des sociétés localisées dans des pays où le coût de la main-d’œuvre est dérisoire et la protection sociale quasi inexistante : centre d’appel au Maghreb, informatique en Inde …
Bienvenue dans la mondialisation !
Et vous au fait, que devenez-vous ? Suivant votre âge, on peut éventuellement vous proposer un plan de retraite anticipée ou un emploi sans lien avec votre qualification et en dernier recours une visite guidée de Pôle Emploi !
Le dividende devient le centre d’intérêt de votre vie professionnelle et déborde sur votre vie privée. L’actionnaire est roi.
C’est bien, vous comprenez vite !

Violence …

Haro sur les gilets jaunes et les black blocs : les politiques et de nombreux journalistes, chiens de garde du pouvoir, s’en donnent à cœur joie.

Association de malfaiteurs, terroriste, lie de la société … hurlent-ils en coeur,  la priorité des priorités […] le rétablissement de l’ordre républicain en employant y compris la déclaration de l’état d’urgence (le Figaro 03/12/2018) (1).

Les médias prennent position pour le pouvoir en place : il y a une instabilité permanente chez les gilets jaunes […] où les porte-parole sont délégitimés à la seconde où ils apparaissent (Le Monde) ou encore : nous n’avons aucun interlocuteur crédible pour représenter un mouvement qui génère une violence immense et qui menace la nation. […] C’est une forme d’irresponsabilité politique que nous n’avons jamais connue (Jean-Michel Aphatie sur Europe 1 le 04/12/2018) (1).

Ils se substituent même au gouvernement et au patronat : sur l’augmentation du SMIC à 1300€ net par exemple, ça parait assez improbable [parce qu’] une telle augmentation de 10% coûterait des millions aux entreprises, mais aussi à l’État […] Peu de chance donc que ce vœu soit exaucé. […] (Justine Weyl, journaliste au service économique de la rédaction, JT de France 2 du 01/12/2018) (1).
Pourtant le gouvernement trouve 5,5 milliards d’euros pour supprimer l’ISF (2) et le remplacement du CICE (3) par des allègement de cotisations patronales rapportera 40 milliards d’euros aux entreprises en 2019 .

On a même droit au cynisme le plus outrancier de Nicolas Doze sur BFM-TV où concernant le rétablissement de l’ISF il explique que ce n’est pas défendable économiquement, et qu’un pays pauvre est un pays qui n’a plus de riche (1).

Mais par contre pas un mot sur les logements insalubres, les HLM qui tombent en ruine et les expulsions au petit matin pour des loyers impayés.
Violence aussi lorsque les restos du cœur deviennent une institution qui distribue 130 millions de repas par an (4).
Violence lorsqu’un salaire ne permet plus de vivre décemment.
Violence de l’argent qui se gagne sur la misère du plus grand nombre.
Violence des entreprises où le dividende est roi, le salarié un coût.
Violence des politiques qui n’écoutent plus et imposent leur volonté  à coup de matraque.
Violence d’une justice inégalitaire, aveugle et partiale.
Violence d’un monde où le rêve est exclu.

En conclusion, je citerais Nelson Mandela :

Un combattant de la liberté apprend de façon brutale que c’est l’oppresseur qui définit la nature de la lutte, et il ne reste souvent à l’opprimé d’autres recours que d’utiliser les méthodes qui reflètent celles de l’oppresseur (5).

 

(1) Source Acrimed
(2) Impôt de Solidarité sur la Fortune
(3) Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi
(4) Source restos du cœur, chiffres clés
(5) Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté